En couture, certains projets doivent simplement attendre le bon moment pour voir le jour.
On dit que la chance sourit aux esprits préparés—et ce costume style safari en lin en est la preuve parfaite : un projet en mûrissement depuis deux ans. Ce qui avait débuté comme une idée de tenue estivale pour le bureau pour mon fils aîné a finalement pris une tout autre dimension, avec pour décor les paysages majestueux de l’Égypte !
L’inspiration initiale découle d’une veste safari vintage signée Tom Ford, associée à un pantalon à la coupe ample et généreuse—une silhouette qui équilibre à la perfection la structure du vestiaire masculin et la légèreté estivale.
Pour obtenir ce look utilitaire et chic, il nous fallait un textile offrant à la fois de la tenue et une excellente respirabilité. Comme toujours, mon magasin Fabricville de Gatineau avait exactement ce qu’il fallait. Leur sélection saisonnière de lins naturels et de mélanges de lin est tout simplement exceptionnelle. Notre choix s’est arrêté sur un mélange lin et coton vert kaki clair. Il possède cette texture riche et tactile propre au lin, tandis que le coton apporte une belle stabilité structurale et réduit le froissabilité—un atout idéal pour des détails tailleur bien nets.
Pour la base de la création, je me suis tourné vers une valeur sûre de ma patronthèque : le magazine Burda Style (n° 128, 04/2014) pour la structure de la veste, combiné à un patron de pantalon Burda que j’ai déjà ajusté et éprouvé lors de projets précédents.
Comme pour la plupart de mes créations inspirées de la haute couture, le travail d’adaptation du patron a été essentiel :
Une fois les modifications faites, le tissu et l’entoilage coupés, j’ai entamé le montage… jusqu’à ce que le quotidien ne mette le projet en pause pendant plus de deux ans.
L’élément déclencheur qui m’a enfin poussé à terminer ce costume a été l’opportunité d’un voyage estival vers une destination chaude et vibrante : l’Égypte.
Avec la date du départ en ligne de mire, l’atelier s’est remis en marche à toute allure ! Le reste de l’assemblage a demandé environ quatre journées de travail d’intensité variable : pose de l’entoilage structural, finitions des surpiqûres sur le lin kaki et derniers ajustements de coupe.
Arrivés à Le Caire, toute la gent masculine de la famille a essayé l’ensemble. Le verdict a été unanime : c’est papa qui le portait le mieux ! C’est donc tout naturellement que le rôle de mannequin m’est revenu.
Nous avons immortalisé le costume devant le cadre spectaculaire du palais historique de Pacha Ismail. Bâti spécialement pour accueillir l’impératrice Eugénie et le compositeur Giuseppe Verdi (qui y présenta son opéra Aida pour la première fois dans les jardins) lors de l’inauguration du canal de Suez, ce palais fait aujourd’hui partie de l’hôtel Cairo Marriott.
Au milieu des arches du XIXe siècle et des jardins luxuriants, sous la chaleur cuisante du Caire, le costume semblait totalement à sa place. Le mélange lin-coton a immédiatement prouvé sa valeur : assez décontracté pour afficher une élégance sans effort, mais suffisamment structuré pour conserver une allure soignée et distinguée.